Jeudi 13 janvier 2011
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L'Afrique est peut-être le continent sur lequel il y a le plus de pays sous-développés à travers le monde. Mais nous,
occidentaux, avons-nous intérêt à ce que l'Afrique se développe? Avons-nous intérêt à ce que les pays africains contrôlent et transforment leurs nombreuses matières premières dont nous avons
besoin pour mener notre train de vie ? Comment des pays qui ont dans leurs sous-sols du pétrole, des minerais, des diamants, de l'or et j'en passe, n'arrivent pas à "se développer" ? La
définition même du terme de "développement" mériterait d'être discutée, car si c'est évolué vers le mode de vie occidental actuel, je pense qu'il y a d'autres façons de changer le niveau de vie
des sociétés. Mais revenons à nos moutons. Est-ce que les dirigeants africains sont plus bêtes que nos dirigeants européens? Je ne le pense pas, ou alors ils sont aussi bêtes les uns que les
autres car certains chefs d'états africains ont effectué leurs études chez nous. Comment expliquer que les marchés d’exploitation des ressources primaires de ces pays soient cédés à des sociétés
étrangères ? Les chefs d’état ne pensent pas beaucoup à leurs concitoyens, mais plutôt à leurs intérêts personnels. Il y a quelques semaines, le Cameroun a cédé l’exploitation d’une grosse
mine diamantifère… aux chinois, qui sont omniprésents sur le continent africain.
Beaucoup de pays ont acquis leur indépendance dans les années 1960, mais ils restent très liés avec leurs anciens pays
colonisateurs. La Chine fait partie de ses pays néo-colonisateurs, avec comme principal but d’exploiter des terres pour produire des denrées alimentaires pour leur pays. Le Tchad, pays voisin du
Cameroun situé à l’est, vient de céder des terres agricoles aux chinois pour qu’ils puissent y cultiver du riz, tout cela contre la mise en place de la fibre optique qui permet d’avoir Internet.
Le bail est de 99 ans. On ne peut malheureusement pas faire plus long pour nos pauvres chinois, sinon ils auraient peut-être eu les terres à vie, qui sait ? La fibre optique passe à Moundou,
deuxième ville du Tchad par sa taille, où il n’y a pas un cybercafé. Et je doute que les gens aient des ordinateurs chez eux, vu le coût de la vie dans ce pays … où TOTAL exploite du pétrole à
foison. Les chinois creusent actuellement le réseau de cette fibre optique en passant par Garoua au Cameroun, et remontent plein nord direction Maroua pour atteindre N’Ndjamena, la capitale du
Tchad. Que vont faire les Tchadiens d’Internet, alors que la plupart d’entre eux luttent pour manger ? C’est un pays où le niveau de vie est très élevé, car la plupart des denrées
alimentaires sont importées du Cameroun. A croire que le Tchad est très intéressant pour ses ressources : les chinois lui offrent un aéroport international, à Moundou justement. Ne vous
inquiétez pas, je ne pense pas que ce soit par pur altruisme… En discutant avec un tchadien de passage à la maison, il disait que ça lui faisait mal de voir son pays dans un tel état, avec des
gouverneurs égoïstes qui ne pensent qu’à leurs profits personnels, et qui de plus sont mêlés dans des affaires d’exactions peu claires.
Certains accusent l’Afrique de ne pas faire grand-chose pour se développer, ou tout du moins améliorer le niveau de vie de
ses habitants, mais regardons tout d’abord à qui le crime profite avant de pouvoir parler. Si ces ressources si précieuses pour nos industries étaient maîtrisées par les pays qui les possèdent,
nous serions bien obligés de ralentir notre mode de vie consumériste. Un dernier exemple : mon collègue de travail m’a demandé de lui ramener de France « du bon café » : le
sud du Cameroun en est une très grande région productrice. C’est bien simple à comprendre : nous leur achetons la matière première à un prix très bas car il n’y a aucune valeur
ajoutée ; nous la transformons, ce qui lui donne justement cette valeur ajoutée ; puis ces produits transformés leur sont vendus par la suite. C’est ce qu’on appelle la spécialisation
des états, voulue par l’OMC afin de rendre les différents pays efficients dans leurs domaines d’activités bien mis en place. C’est une vision purement économique du monde, ce qui est quelque peu
réducteur.